Don de sperme interdit ? Maladies et motifs d’exclusion surprenants dans le monde
Un bon spermogramme ne suffit pas toujours pour devenir donneur. Les banques de sperme examinent aussi les infections, les risques héréditaires et les séjours passés. Selon le cas, cela entraîne un délai d’attente, un examen supplémentaire ou une exclusion. Comparer les règles de différents pays permet de comprendre quelles maladies sont en cause et pourquoi même un vaccin ou un traitement ancien peut compter.

L’essentiel
- Les infections, les risques héréditaires et l’histoire personnelle comptent pour le don de sperme. Une exclusion peut être définitive, temporaire ou levée après des investigations complémentaires.
- Les questions sur les pays répondent à des raisons différentes : HTLV-1, maladie de Chagas, paludisme ou précautions historiques liées à l’ESB. Le passeport seul renseigne peu sur le risque individuel.
- Des éléments inhabituels peuvent aussi compter : un vaccin contre la dengue au Brésil, d’anciens médicaments à base d’hormone de croissance ou un test génétique positif chez une personne en bonne santé.
- Les règles évoluent. C’est le cas de la réévaluation du Zika aux États-Unis et de la possibilité, au Royaume-Uni, pour les personnes dont le VIH est traité de donner à des receveurs connus.
Pourquoi le questionnaire du donneur remonte si loin
Les questions sur le VIH ou l’hépatite semblent évidentes. Une question sur un lieu de résidence dans les années 1980 paraît d’abord plus étrange. Certaines infections restent pourtant longtemps inaperçues ou ne peuvent pas être exclues par un examen de laboratoire courant. Pour les maladies héréditaires, l’histoire familiale peut en dire davantage que le simple fait de se sentir bien.
Une banque de sperme doit donc répondre à plusieurs questions à la fois : le don convient-il sur le plan médical ? Quels examens manquent encore ? Peut-il être utilisé dans le pays où le traitement est prévu ? Les réponses varient d’un pays à l’autre. Les exemples suivants en expliquent les raisons, des infections fréquentes aux situations rares. Recherche à jour au 14 septembre 2026.
Ce que signifie une exclusion du don de sperme
Un refus peut recouvrir des décisions très différentes. Les distinguer aide aussi à comprendre les réponses apparemment contradictoires de plusieurs banques de sperme.
- Exclusion du programme de don
- Un résultat ou un antécédent ne correspond pas aux conditions de ce programme. La décision peut être durable sans rien dire de votre capacité à concevoir un enfant.
- Report temporaire
- Un délai d’attente est nécessaire après une infection, une exposition ou un traitement particulier. Une nouvelle évaluation a ensuite lieu.
- Examen supplémentaire
- Une question sur un pays ou sur la famille conduit d’abord à un test ciblé ou à un avis spécialisé. La question elle-même ne vaut pas exclusion.
- Utilisation limitée
- Un don peut n’être utilisable que dans une situation précise, par exemple pour une personne connue du donneur ou après une évaluation génétique du côté de la receveuse.
Les établissements ont aussi leurs propres critères d’acceptation. La société américaine de médecine de la reproduction, l’ASRM, cite notamment un bon état de santé général et des paramètres spermatiques adaptés parmi les bases de la sélection. Un échantillon peut ne pas convenir à un programme alors que l’homme est fertile. ASRM : sélection des donneurs de gamètes
Les motifs infectieux fréquents : quels agents sont en cause
Le bilan médical de base comprend des tests infectieux et les antécédents médicaux. L’essentiel est de comprendre ce que montre réellement un résultat et si une infection passée a été traitée avec succès.
- VIH, hépatites B et C, syphilis et chlamydia
- Il s’agit du VIH-1 et du VIH-2, du virus de l’hépatite B (VHB), du virus de l’hépatite C (VHC), de la bactérie responsable de la syphilis, Treponema pallidum, et de la bactérie Chlamydia trachomatis. Les examens visent à éviter une transmission par le don. FDA : agents infectieux et tests des donneurs Pour un don de sperme à d’autres personnes, l’ordonnance allemande TPG sur les tissus exige des résultats négatifs pour les VIH 1 et 2, les hépatites B et C et la syphilis. Pour la chlamydia, elle prévoit un test d’amplification des acides nucléiques (NAT) sur urine, qui recherche le matériel génétique de l’agent et doit être négatif. TPG-GewV, annexe 4, point 2
- Infections traitées
- La gonorrhée, également appelée blennorragie, est causée par la bactérie Neisseria gonorrhoeae. Le Canada considère une chlamydia ou une gonorrhée diagnostiquée ou traitée au cours des deux derniers mois comme un motif de report. Si l’infection et son traitement sont plus anciens, la réussite du traitement doit être documentée un mois après sa fin. Une infection guérie n’entraîne donc pas automatiquement une exclusion à vie dans ce pays. Santé Canada : admissibilité au don
- CMV : des anticorps ne signifient pas une infection active
- CMV signifie cytomégalovirus. Il peut se transmettre par les liquides corporels, dont le sperme ; une infection pendant la grossesse peut nuire à l’enfant. CDC : CMV et transmission Selon les recommandations de l’ASRM, des anticorps témoignant d’un contact ancien n’imposent toutefois pas automatiquement une exclusion. Il faut notamment exclure une infection active, tenir compte du statut CMV de la receveuse et fournir l’information nécessaire. ASRM : interprétation des résultats CMV
Maladies héréditaires : pourquoi un porteur sain peut être évalué différemment
Ici, il n’y a pas d’agent infectieux. Il s’agit de variants génétiques susceptibles d’être transmis à un enfant. Une personne peut être en bonne santé tout en portant un tel variant. Pour de nombreuses maladies récessives, le risque pour l’enfant n’apparaît que s’il hérite d’un variant pathogène correspondant de chacun de ses deux parents génétiques. Le résultat de la personne dont l’ovocyte est utilisé peut donc également compter.
Une étude menée dans la province chinoise du Hunan montre à quel point la sélection peut varier : la banque étudiée excluait les candidats présentant des indices de portage de thalassémie ou un déficit en G6PD. Les thalassémies touchent la production de l’hémoglobine, le pigment rouge du sang. En cas de déficit en G6PD, l’enzyme glucose-6-phosphate déshydrogénase ne fonctionne pas suffisamment, ce qui peut provoquer une destruction prématurée des globules rouges. Publiée en 2022, l’étude décrit les pratiques de cet établissement entre 2018 et 2021. Elle ne prouve pas l’existence d’une interdiction nationale en Chine. Étude du Hunan, MedlinePlus : déficit en G6PD
Chez le prestataire australien Sperm Donors Australia, le programme des donneurs recrutés par la clinique comprend la recherche de nombreux risques héréditaires. Mais un résultat ne conduit pas partout à la même décision : l’ASRM ne juge pas systématiquement inaptes les porteurs sains de certaines maladies autosomiques récessives sans risque pour leur propre santé. Le variant et le risque pour l’enfant à concevoir restent déterminants. Sperm Donors Australia : programme de don, ASRM : sélection génétique
Parfois, l’information manque tout simplement : une personne adoptée peut ignorer les antécédents médicaux de ses parents et grands-parents biologiques. L’ASRM recommande alors une évaluation individuelle. Le problème est une estimation incomplète du risque, pas une maladie démontrée. ASRM : antécédents familiaux inconnus
L’article sur le dépistage du portage génétique avant un don de sperme explique le lien entre le statut de porteur des deux parents génétiques et le risque pour l’enfant.
HTLV-1, maladie de Chagas et paludisme : pourquoi interroger sur l’origine et les voyages
Une question sur le lieu de résidence ou l’origine peut d’abord servir à choisir les bons tests. En Allemagne, des tests supplémentaires d’anticorps anti-HTLV-I sont prévus si le donneur vit dans une zone de prévalence plus élevée ou en est originaire. L’origine des parents ou partenaires sexuels est aussi prise en compte. Selon les antécédents, des recherches de paludisme ou de Trypanosoma cruzi peuvent s’y ajouter. TPG-GewV : examens supplémentaires
- HTLV-1 : un virus qui peut longtemps passer inaperçu
- Le virus T-lymphotrope humain de type 1 peut se transmettre sexuellement. Chez une partie des personnes infectées, il provoque un cancer du sang particulier, la leucémie ou le lymphome à cellules T de l’adulte, ou une maladie de la moelle épinière. Beaucoup de personnes infectées n’ont aucun symptôme. Les antécédents peuvent donc justifier un test même chez des candidats en bonne santé. OMS : HTLV-1 L’OMS cite notamment certaines parties du Japon, de l’Australie et des îles du Pacifique parmi les zones de prévalence plus élevée. Il s’agit de concentrations régionales, pas d’une interdiction générale visant ces pays. OMS : répartition régionale
- Maladie de Chagas : le parasite Trypanosoma cruzi
- Ce parasite unicellulaire est surtout présent en Amérique latine. Il s’y transmet notamment par contact avec les déjections de punaises triatomes infectées ; les transfusions sanguines et la transmission pendant la grossesse ou à la naissance sont aussi possibles. Une infection longtemps ignorée peut ensuite endommager le cœur et l’appareil digestif. Cela explique pourquoi l’origine et les séjours passés peuvent déclencher un examen. OMS : maladie de Chagas
- Paludisme : les parasites du genre Plasmodium
- Le paludisme est causé par des parasites du genre Plasmodium, notamment P. falciparum et P. vivax. La transmission se fait principalement par des moustiques Anopheles infectés. La destination, l’exposition possible et une maladie passée expliquent les questions médicales ; la nationalité seule n’y répond pas. OMS : paludisme
Ces agents ont des modes de transmission très différents. Le fait qu’un texte prévoie un test supplémentaire ne démontre pas, à lui seul, une transmission par le sperme de donneur. L’évaluation individuelle dépend de la région précise, de la date du voyage et d’éventuelles maladies. Une liste de pays ne suffit pas.
Brésil : même un vaccin contre la dengue peut imposer une pause
Une mesure destinée à protéger sa propre santé peut décaler la date du don. En mars 2025, l’autorité sanitaire brésilienne Anvisa a publié des critères actualisés concernant les dons d’ovocytes et de spermatozoïdes et les traitements de procréation médicalement assistée en lien avec la dengue et le chikungunya.
Les agents sont le virus de la dengue (DENV) et le virus du chikungunya (CHIKV). Tous deux sont transmis par les moustiques Aedes. La dengue peut notamment provoquer des hémorragies graves et des troubles circulatoires ; le chikungunya est surtout connu pour ses douleurs articulaires parfois durables. OMS : dengue, OMS : chikungunya
- Après une dengue ou un chikungunya, l’Anvisa prévoit un report de 30 jours après guérison complète.
- Après une dengue sévère, le délai indiqué est de six mois après guérison complète.
- Après un vaccin contre la dengue à virus vivants atténués, un délai de 30 jours est prévu.
- Les rapports sexuels avec une personne ayant reçu un diagnostic de dengue ou de chikungunya dans les 30 derniers jours sont aussi pris en compte : le délai est de 30 jours après le dernier contact.
Ces précautions temporaires s’appliquent également aux fournisseurs étrangers de régions touchées qui souhaitent envoyer des ovocytes ou des spermatozoïdes au Brésil. La situation sanitaire du pays destinataire peut ainsi influencer les dons qu’une banque est autorisée à exporter. Anvisa : critères de 2025, conditions détaillées
West Nile et Oropouche : que se passe-t-il face aux risques émergents
Le virus West Nile (WNV), ou virus du Nil occidental, est surtout transmis par les moustiques. Il peut provoquer de la fièvre et, dans les cas graves, une inflammation du cerveau ou des méninges. Le Canada prend en compte une infection WNV diagnostiquée ou suspectée dans les 120 jours suivant le diagnostic ou le début de la maladie, selon la date la plus tardive. Il s’agit ici d’un antécédent infectieux précis associé à un délai. CDC : maladie à virus West Nile, Santé Canada : critère WNV
Le virus Oropouche (OROV) montre, lui, la prudence nécessaire pour interpréter de nouveaux résultats. Après des flambées dans certaines parties de l’Amérique du Sud, de l’Amérique centrale et des Caraïbes, et la détection de virus capable de se répliquer dans le sperme d’un voyageur, l’autorité américaine FDA a publié en novembre 2024 un avis aux établissements de don de cellules et de tissus. Oropouche peut causer de la fièvre, des maux de tête, des douleurs articulaires et parfois des atteintes du système nerveux ; il est surtout transmis par de petits insectes hématophages, notamment des moucherons piqueurs.
L’autorité n’y imposait ni programme spécifique de tests Oropouche ni interdiction générale après tout voyage. Elle suggérait de tenir compte d’une maladie possible et des symptômes correspondants au cours des six semaines précédentes pour décider de l’admissibilité. C’est un avis de précaution fondé sur des données limitées, pas une preuve de transmission par le don de sperme. FDA : Oropouche et évaluation des donneurs
Zika : pourquoi une ancienne alerte par pays peut ne plus être juste
L’agent est le virus Zika, ou ZIKV. Il se transmet surtout par les moustiques Aedes, mais aussi par voie sexuelle. Chez l’adulte, l’infection passe souvent inaperçue ou reste légère ; pendant la grossesse, elle peut entraîner de graves malformations chez l’enfant. Zika a donc eu une importance particulière en médecine de la reproduction. CDC : Zika et risques pendant la grossesse
Il existe des tests pour Zika. Des tests moléculaires recherchent le virus, et des tests d’anticorps sont également disponibles. Mais un examen diagnostique ne garantit pas que le sperme puisse être utilisé sans risque : un test sanguin négatif peut signifier que le virus n’est plus détectable dans le sang alors qu’il reste présent dans le sperme. L’excrétion du virus dans les sécrétions génitales peut aussi varier. Les CDC ne recommandent donc pas ces tests pour exclure une transmission sexuelle. CDC : tests Zika, CDC : limites des tests pour la transmission sexuelle
Le 20 mai 2024, la FDA a retiré sa recommandation spécifique sur Zika pour les dons de cellules et de tissus humains. Elle l’a justifié par la forte baisse des cas et l’évolution qui en découle pour la population de donneurs potentiels. Les établissements peuvent donc arrêter ce dépistage spécifique du risque Zika. Ce changement repose sur la situation épidémiologique, pas sur une garantie apportée par des tests négatifs. FDA : retrait et justification
Une ancienne restriction américaine liée aux voyages peut donc être dépassée alors que l’agent reste médicalement pertinent. Pour un don dans un autre pays, il faut vérifier séparément les exigences locales actuelles.

ESB et vMCJ : pourquoi l’Allemagne, l’Irlande et les îles Falkland apparaissent
Le contexte historique de ces questions inhabituelles sur les pays est le variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (vMCJ). Il est lié à la consommation de produits provenant de bovins infectés par l’ESB. ESB signifie encéphalopathie spongiforme bovine, couramment appelée maladie de la vache folle. Les agents sont des prions, des protéines anormalement repliées. Ce ne sont ni des virus ni des bactéries. CDC : ESB et vMCJ
La vMCJ endommage le cerveau, est mortelle et peut ne se manifester que des années après l’exposition. Cela explique les questions sur un passé lointain. Il n’existe pas de test de prions approuvé par la FDA pour le dépistage des donneurs. Un critère de séjour reste toutefois une précaution, pas un diagnostic. CDC : longue incubation, FDA : limites du dépistage des prions chez les donneurs
La recommandation FDA de 2007 énonce deux critères géographiques différents : au moins trois mois cumulés entre 1980 et 1996 dans la zone britannique définie par le texte, et au moins cinq ans cumulés depuis 1980 dans les pays européens cités. L’Allemagne et la République d’Irlande figurent sur la liste européenne. Pour ce texte, l’Irlande du Nord et même les îles Falkland sont rattachées au groupe britannique. Il s’agit de séjours, pas de nationalités. FDA : sections IV.E.23–25 et annexe 5
L’ASRM reprend aussi le critère de séjour en Europe dans sa recommandation de 2024 sur le don. Ces pays ne relèvent donc pas d’une simple rumeur en ligne. Les périodes indiquées et la durée du séjour restent toutefois décisives ; de courtes vacances aujourd’hui constituent une autre situation. ASRM : dépistage des donneurs aux États-Unis

Autres cas particuliers : anciens traitements hormonaux, greffes de dure-mère et tatouages
Certaines questions d’exclusion paraissent curieuses simplement parce qu’on ignore leur histoire médicale. La directive canadienne interroge, par exemple, sur certains anciens traitements par hormone de croissance humaine et sur les greffes de dure-mère, la membrane externe résistante qui entoure le cerveau. Santé Canada : critères médicaux d’exclusion
Il s’agit ici de la maladie de Creutzfeldt-Jakob iatrogène, c’est-à -dire d’une MCJ transmise par un acte médical. Historiquement, des préparations d’hormone de croissance provenant d’hypophyses de personnes décédées ou des greffons de dure-mère contaminés pouvaient transmettre des prions. Ce sont ces traitements précis qui sont visés, pas toute hormonothérapie moderne, ni automatiquement la vMCJ liée à l’ESB. FDA : MCJ iatrogène et anciennes préparations
Pour les tatouages aussi, la réponse dépasse un simple oui ou non. Le Canada cite notamment les tatouages et piercings réalisés dans les six mois précédents sans procédure stérile. Le point déterminant est le risque infectieux éventuel de l’intervention. Santé Canada : antécédents médicaux et expositions
Greffes animales : pourquoi même certains contacts proches peuvent compter
Un cas rare est la xénotransplantation : un traitement utilisant des cellules, tissus ou organes animaux vivants. La FDA tient compte d’une possible transmission d’agents animaux connus ou encore inconnus. Il s’agit donc d’un ensemble de risques infectieux potentiels, pas d’une maladie unique déjà diagnostiquée. FDA : contexte de la xénotransplantation
La recommandation sur les donneurs vise aussi certains contacts proches lorsqu’un échange de liquides corporels a pu avoir lieu. Elle cite les partenaires sexuels ou le partage de rasoirs et de brosses à dents. La simple cohabitation ne suffit pas. Elle prévoit également des exceptions propres à certains produits. FDA : section IV.E.29
Le mot vivant est déterminant : le même texte exclut expressément de ces produits de xénotransplantation les dispositifs médicaux issus de matériaux animaux non vivants, comme certaines valves cardiaques porcines. Même face à une question très inhabituelle, il faut préciser le traitement exact.
Quand un test adapté remplace une question sur les pays : le VIH-1 du groupe O
Le VIH-1 du groupe O, un variant du VIH-1, est un exemple particulièrement parlant. La recommandation FDA de 2007 prévoit des questions sur certains pays africains, notamment le Cameroun, le Gabon et la Guinée équatoriale. Il s’agit d’un variant infectieux particulier et de sa détection par les tests.
La réserve décisive figure déjà dans le même texte : si l’établissement utilise un test de dépistage des anticorps anti-VIH approuvé par la FDA dont l’usage prévu inclut expressément le groupe O, il peut omettre ces questions sur les pays. Reprendre uniquement leurs noms fait disparaître cette exception. FDA : sections IV.E.27–28 et note suivante
Ce qui a changé : VIH, comportements sexuels et précautions contre l’ESB
Certaines anciennes exclusions ont été explicitement réévaluées. Au Royaume-Uni, la modification législative de novembre 2024 permet aux personnes vivant avec le VIH de donner à des receveurs connus sous certaines conditions. L’autorité de contrôle HFEA mentionne notamment au moins six mois de traitement anti-VIH et deux analyses sanguines prescrites confirmant une quantité de virus suffisamment faible dans le sang. Les receveurs doivent être informés et consentir ; la clinique doit aussi être autorisée à proposer la procédure.
Cette exception concerne les receveurs connus. Elle n’ouvre pas le don général en banque de sperme à des personnes inconnues. Cet exemple montre pourquoi même affirmer que le VIH impose toujours une interdiction absolue de don serait trop général. HFEA : don par des personnes dont le VIH est traité à des receveurs connus
Le Canada a lui aussi modifié ses critères en 2024 : des questions sur les comportements sexuels précis ont remplacé l’exclusion générale des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. La directive actuelle considère, par exemple, certains contacts sexuels nouveaux ou multiples associés à des rapports anaux. L’orientation sexuelle n’est pas une maladie ; l’évaluation porte sur une exposition définie. Santé Canada : évolution des critères, critères actuels
Concernant les précautions contre l’ESB aux États-Unis, la FDA a levé en 2022 certains reports géographiques pour le don de sang après de nouvelles évaluations du risque. Les exigences relatives au don de sperme n’ont pas changé automatiquement. Pouvoir redonner son sang ne signifie donc pas nécessairement remplir les conditions d’une banque de sperme. FDA : changement pour le sang et ses composants
Pourquoi un même don est accepté dans un pays et refusé dans un autre
Plusieurs éléments se combinent : la situation sanitaire locale, les examens obligatoires, le type de don et les conditions du pays destinataire. Un importateur brésilien doit, par exemple, tenir compte des exigences locales de l’Anvisa. Une exception britannique pour des donneurs séropositifs connus ne s’étend pas automatiquement à l’utilisation à l’étranger. Anvisa : dons importés, HFEA : limites à l’exportation
Le statut d’une source compte aussi. Au 14 septembre 2026, la FDA présente toujours sa nouvelle recommandation générale sur l’admissibilité des donneurs de janvier 2025 comme un projet non destiné à être mis en œuvre. Un projet ne remplace pas un texte déjà applicable. À l’inverse, une synthèse professionnelle ancienne peut encore contenir des critères modifiés par un avis officiel ultérieur. FDA : statut de la recommandation
En cas de refus, il est donc utile de demander le critère exact. C’est seulement ainsi qu’on peut savoir si la décision est définitive, si un délai court encore ou si le don serait possible dans d’autres conditions.
Comment clarifier une restriction possible avant de candidater
Vous n’avez pas à interpréter vous-même les règles médicales. Un bref récapitulatif de votre histoire aide toutefois la banque à évaluer votre situation.
- Notez vos anciens lieux de résidence et séjours prolongés, avec le pays, les dates et la durée totale approximative.
- Ajoutez les voyages récents, vaccinations, traitements particuliers et maladies connues dans votre famille.
- Pour les infections traitées, préparez les résultats, les dates du traitement et la preuve de son succès.
- En cas de refus, demandez : exclusion durable, report jusqu’à une date précise ou examen encore manquant ?
- Faites préciser si la décision concerne ce programme, le pays de traitement ou une situation particulière de don.
Vos informations de santé doivent rester complètes même lors d’une deuxième candidature. L’article sur les informations de santé des donneurs de sperme explique lesquelles sont utiles. Les guides du don de sperme en Allemagne et du don de sperme aux États-Unis détaillent leurs cadres respectifs.
Conclusion
Un vaccin contre la dengue, un ancien lieu de résidence ou un test génétique peuvent influencer le don de sperme pour des raisons très différentes. Connaître la maladie, la condition précise et l’état actuel de la règle permet de comprendre même les questions inhabituelles du questionnaire. Un refus renseigne d’abord sur ce don dans ce programme, pas globalement sur votre santé ou votre fertilité.




