Pourquoi l'hypertension après l'accouchement mérite une attention particulière
Beaucoup associent la prééclampsie uniquement à la grossesse. En réalité, elle peut aussi survenir après l'accouchement, même si la grossesse s'est déroulée sans problème. La période postnatale est une phase où l'équilibre hydrique, la circulation et l'équilibre hormonal changent rapidement.
Il est donc important d'adopter une approche claire : prendre les symptômes au sérieux, mesurer correctement la tension et ne pas attendre en présence de signes d'alerte.
Ce qui constitue de l'hypertension et quelles valeurs sont critiques
Dans la période postnatale, il s'agit souvent de deux questions : la tension est-elle de façon répétée élevée et y a-t-il des signes laissant penser à autre chose que du stress ou un manque de sommeil ? Des valeurs isolées sont moins parlantes que des mesures répétées dans des conditions comparables.
Repères pragmatiques pour les valeurs
- Élevée : de façon répétée environ 140 sur 90 mmHg ou plus
- Très élevée : environ 160 sur 110 mmHg ou plus
- En cas de valeurs très élevées, ce n'est pas la tendance qui prime mais une prise en charge rapide
Un repère accessible pour situer la prééclampsie postnatale et les signes d'alerte est disponible chez SOGC. SOGC : Prééclampsie et hypertension
Prééclampsie postnatale : ce que cela signifie
La prééclampsie, ce n'est pas qu'une hypertension. Elle peut toucher des organes, par exemple le foie, les reins, la coagulation sanguine ou le système nerveux. Dans la période postnatale, elle se manifeste souvent par des symptômes plutôt que par un dépistage systématique.
Certaines plaintes ressemblent au premier abord à des problèmes courants du postnatale. La différence tient souvent à l'intensité, à la combinaison de plusieurs symptômes ou à une détérioration nette.
Une description des symptômes typiques et des raisons pour lesquelles il faut investiguer se trouve aussi sur le site de Santé Canada. Santé Canada : Prééclampsie
Signes d'alerte à ne pas négliger
La fatigue est normale après l'accouchement. En revanche, des symptômes forts et inhabituels ne le sont pas forcément. En cas de doute, une vérification est judicieuse, car la prééclampsie peut évoluer et devenir grave.
Signes d'alerte à faire évaluer rapidement
- Forts maux de tête récents qui ne cèdent pas aux mesures habituelles
- Troubles visuels, par exemple scintillements, éclairs lumineux ou vision floue
- Douleurs dans la partie supérieure de l'abdomen, surtout à droite, ou nausées inhabituelles et intenses
- Apparition brutale d'un gonflement marqué au visage ou aux mains
- Essoufflement, douleur thoracique ou sensation de constriction
- Agitation nouvelle, confusion ou signes neurologiques
Un aperçu synthétique des signes d'alerte liés à la prééclampsie et à l'éclampsie est également disponible via la Preeclampsia Foundation. Preeclampsia Foundation : informations et signes d'alerte
Quand il s'agit d'une urgence
En situation d'urgence, il n'est pas pertinent de se demander si l'on dérange ou si ce n'est pas le bon moment. Lors de certains signes, demander de l'aide immédiatement est la démarche la plus sûre.
Demander de l'aide immédiatement en cas de
- Tension très élevée autour de 160 sur 110 mmHg ou plus
- Forts maux de tête accompagnés de troubles visuels
- Essoufflement, douleur thoracique, perte de connaissance, convulsions
- Nouvelle confusion importante ou signes neurologiques marqués
Si vous avez le sentiment que quelque chose ne va pas, c'est déjà une raison suffisante pour ne pas attendre.
Comment mesurer la tension à la maison de façon utile
Beaucoup de mesures sont inexactes parce qu'elles sont faites sous stress, assis sur le bord du lit ou juste après le lever. Il vaut mieux mettre en place un petit protocole réaliste que vous pourrez tenir pendant la période postnatale.
Protocole de mesure simple
- Avant la mesure, rester assis calmement 5 minutes, pieds au sol, dos appuyé
- Installer le brassard sur le haut du bras et poser le bras à la hauteur du cœur
- Deux mesures à 1 minute d'intervalle, noter la moyenne
- Si possible, mesurer à la même heure du jour, surtout en cas de valeurs limites
- Noter les valeurs en les associant aux symptômes, pas seulement comme des chiffres
Si vous utilisez un appareil au poignet, la position est encore plus importante. En cas d'incertitude, faites vérifier l'appareil une fois en clinique.
Ce qu'il vaut mieux éviter pendant la période postnatale
En cas d'hypertension ou de suspicion de prééclampsie, certaines habitudes peuvent être contre-productives. L'objectif n'est pas de vous inquiéter, mais d'éviter des situations risquées.
Pièges fréquents
- Minimiser les symptômes parce que ce n'est pas un bon moment
- Se focaliser uniquement sur le gonflement en négligeant les maux de tête
- Prendre des mesures de pression en permanence sous stress plutôt que de manière structurée
- Prendre des analgésiques ou des médicaments contre le rhume sans vérifier s'ils conviennent à votre tension
Si des médicaments sont nécessaires, c'est souvent possible. La voie la plus sûre est de vérifier brièvement avec l'équipe médicale ou la pharmacie, surtout en cas d'antécédents d'hypertension.
Qui présente un risque plus élevé
L'hypertension postnatale peut toucher toute personne. Certains facteurs augmentent cependant la probabilité de complications ou la nécessité d'un suivi plus attentif.
Facteurs de risque fréquents
- Prééclampsie ou hypertension pendant la grossesse
- Hypertension chronique avant la grossesse
- Maladies rénales ou diabète
- Grossesse multiple
- Œdèmes importants accompagnés de nouveaux symptômes
Même sans facteurs de risque, les symptômes priment sur les statistiques.
Examens fréquemment réalisés
Si la prééclampsie postnatale est suspectée, on ne se contente généralement pas d'une seule mesure de tension. Des analyses de sang, un examen des urines et une évaluation des symptômes sont habituels.
Selon les résultats, on décidera si une surveillance ambulatoire suffit ou si une prise en charge hospitalière est nécessaire. Ce n'est pas une exagération, mais une mesure de sécurité.
Une analyse médicale approfondie de la prééclampsie et de sa surveillance est disponible sur UpToDate en langage spécialisé ; pour une présentation plus accessible, les ressources de la SOGC sont souvent plus faciles d'accès. Si vous cherchez une synthèse fondée sur les données probantes, les informations de la RCOG peuvent aussi être utiles. RCOG : Prééclampsie
Après la phase aiguë : pourquoi le suivi postnatal est important
Même si tout se stabilise rapidement, un suivi est recommandé. L'hypertension pendant la grossesse ou la période postnatale indique que le système cardiovasculaire et les vaisseaux méritent une surveillance à plus long terme.
Cela ne signifie pas nécessairement que vous serez malade à long terme. Cela signifie qu'il est judicieux de surveiller la tension, le métabolisme et le mode de vie une fois que la période postnatale est passée et que le quotidien est plus stable.
Conclusion
L'hypertension après l'accouchement n'est pas rare et peut être bénigne, mais elle peut aussi être le signe d'une prééclampsie postnatale. De forts maux de tête, des troubles visuels, des douleurs supérieures de l'abdomen et un essoufflement figurent parmi les signes d'alerte à prendre au sérieux. Mesurez la tension de façon structurée, surveillez les symptômes et obtenez de l'aide rapidement si la situation se détériore. Pendant la période postnatale, la sécurité prime sur l'endurance.

