Maladies transmissibles lors du don de sperme

Photo de l'auteurrédigé par Philomena Marx19 février 2025
Maladies transmissibles lors du don de sperme

Le don de sperme permet à de nombreuses personnes de concrétiser leur souhait d’avoir un enfant : femmes célibataires, couples de femmes ou encore couples hétérosexuels confrontés à une infertilité masculine. Afin que le processus se déroule de manière sûre et responsable, il est essentiel de bien s’informer sur les éventuels risques, notamment les maladies transmissibles et les facteurs génétiques. Une compréhension claire de ces enjeux permet de prendre des décisions éclairées et de mener à bien un projet parental dans des conditions optimales.

Infections virales

Les agents pathogènes viraux peuvent se transmettre via le sperme, même en l’absence de contact sexuel direct. Grâce aux techniques modernes de dépistage, ce risque demeure faible, mais il n’est pas nul. Parmi les infections virales les plus fréquemment abordées dans le contexte du don de sperme figurent :

  • VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine) : Sans traitement, le VIH peut évoluer vers le sida. Il se transmet principalement par le sang ou lors de rapports sexuels. Les banques de sperme soumises à une réglementation stricte testent systématiquement les donneurs pour le VIH et appliquent souvent une période de quarantaine.
  • Hépatite B et C : Ces virus très contagieux se transmettent par le sang, le sperme ou d’autres fluides corporels. Un dépistage précoce et un traitement adapté sont indispensables pour éviter des complications hépatiques, telles qu’une cirrhose.
  • Virus de l’herpès simplex (HSV) : Les types I (herpès labial) et II (herpès génital) peuvent théoriquement être transmis par l’éjaculat, notamment en présence de lésions herpétiques ouvertes.
  • Cytomégalovirus (CMV) : Ce virus est très répandu et s’avère souvent asymptomatique. Il peut toutefois constituer un risque sérieux chez les personnes immunodéprimées ou pendant la grossesse. Par conséquent, de nombreuses banques de sperme intègrent des tests CMV dans leurs protocoles.
  • Virus Zika : Principalement présent dans les régions tropicales, il peut persister dans l’éjaculat plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Les donneurs provenant de zones à risque font l’objet de tests spécifiques ou sont temporairement exclus.
  • HTLV (Virus T-lymphotrope humain) : Bien qu’assez rare, ce virus peut entraîner des leucémies ou des lymphomes. Les banques de sperme sérieuses réalisent également un dépistage HTLV.

Infections bactériennes : Chlamydia, gonorrhée, syphilis et autres

Les maladies transmissibles ne se limitent pas aux virus. Plusieurs infections bactériennes peuvent aussi se retrouver dans le sperme et être potentiellement transmises lors d’un don. Parmi les plus importantes :

  • Chlamydia : Une des infections sexuellement transmissibles les plus répandues, souvent asymptomatique. Non traitée, elle peut néanmoins mener à l’infertilité.
  • Gonorrhée (blennorragie) : Provoquée par la bactérie Neisseria gonorrhoeae, elle peut se transmettre via l’éjaculat, parfois en l’absence de signes visibles comme un écoulement.
  • Syphilis : Liée à la bactérie Treponema pallidum. Sans traitement, la syphilis peut causer de graves troubles organiques, d’où l’importance de son dépistage obligatoire dans de nombreux centres de don.
  • Autres infections bactériennes : Des inflammations non spécifiques de la prostate ou des voies urinaires peuvent libérer des bactéries dans l’éjaculat. Un examen urologique approfondi aide à les déceler rapidement.

Risques génétiques : attention aux maladies héréditaires

Au-delà des risques infectieux, il est également primordial de tenir compte des risques génétiques. Certaines pathologies héréditaires peuvent être transmises via le don de sperme. La plupart du temps, le dépistage standard inclut déjà de nombreux tests génétiques. Parmi les affections concernées :

  • Mucoviscidose (CF) : Maladie touchant principalement les poumons et le système digestif, provoquée par des mutations du gène CFTR.
  • Anémie falciforme et thalassémie : Deux pathologies qui affectent la structure de l’hémoglobine, dites hémoglobinopathies.
  • Amyotrophie spinale (SMA) : Pathologie neurologique progressive, liée à des mutations du gène SMN1, entraînant une dégénérescence des motoneurones.
  • Maladie de Tay-Sachs : Maladie neurodégénérative rare causée par une mutation du gène HEXA.
  • Syndrome de l’X fragile : Forme héréditaire la plus courante de déficience intellectuelle, due à des anomalies du gène FMR1.

Don privé ou banque de sperme : quelle option est la plus sûre ?

Les futurs parents s’interrogent souvent pour savoir s’il est préférable de recourir à un donneur privé ou de passer par une banque de sperme. Chaque solution a ses avantages et ses limites.

Banque de sperme

Les banques de sperme mettent en place des dépistages stricts, comprenant plusieurs niveaux de tests et souvent une période de quarantaine. Les contrôles génétiques font généralement partie du processus. Dans certains pays, un registre national des donneurs garantit en outre le droit des enfants de connaître leurs origines biologiques. Les cadres juridiques et médicaux y sont très rigoureux, offrant une sécurité élevée.

Don privé

Le don privé peut paraître moins onéreux ou offrir une relation plus personnelle avec le donneur. Toutefois, les certifications médicales requises sont souvent moins accessibles, et il n’existe pas de période de quarantaine ni de dépistage systématique. Par ailleurs, des questions légales — notamment au sujet de l’autorité parentale ou des obligations alimentaires — peuvent surgir. Pour un don privé, il est donc crucial de se procurer des documents médicaux à jour et de clarifier rapidement les aspects juridiques.

Procédures de dépistage dans les banques de sperme réglementées par l’État

Dans de nombreux pays, les banques de sperme sont soumises à des directives gouvernementales clairement définies, garantissant un encadrement juridique et médical strict. Leur objectif : protéger au mieux les donneurs comme les receveurs, et promouvoir un usage responsable du don de sperme. Les étapes habituelles comprennent :

  • Entretien médical approfondi : Le donneur informe sur son état de santé global et sur ses antécédents familiaux.
  • Analyses sanguines : Recherche de pathogènes infectieux tels que le VIH, l’hépatite B, l’hépatite C, la syphilis et d’autres agents qui varient selon la région.
  • Prélèvements complémentaires : Détection de certaines IST comme la gonorrhée ou les chlamydia.
  • Examens additionnels : En cas de facteurs de risque spécifiques, d’origine géographique particulière ou selon le lieu de résidence, des tests supplémentaires (ex. virus Zika, HTLV) peuvent être exigés.
  • Période de quarantaine : Les échantillons de sperme sont congelés et conservés durant plusieurs mois. Le donneur est ensuite re-testé afin de détecter d’éventuelles infections récentes, non identifiées initialement.

Grâce à ces mesures, le risque résiduel de transmission d’une infection est considérablement réduit, même s’il ne peut jamais être totalement exclu. Il est donc vivement recommandé aux personnes souhaitant fonder une famille de s’adresser à des spécialistes dès le début, et, si nécessaire, de solliciter des conseils tant juridiques que médicaux.

Conclusion

Le don de sperme ouvre de multiples possibilités pour concrétiser un projet parental, mais implique également une responsabilité importante. Se renseigner en amont sur les dépistages, le cadre légal et les risques génétiques constitue la meilleure façon de garantir un don de sperme le plus sûr possible et d’éviter des incertitudes ultérieures. Au-delà de l’aspect médical, un dialogue clair et transparent entre toutes les parties prenantes est primordial. De cette manière, le don de sperme peut se révéler une solution solide et sereine sur la voie de la parentalité.