Vaccination contre la COVID‑19 et fertilité masculine : rend-elle infertile ?

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Vaccination contre la COVID‑19 et fertilité masculine : rend-elle infertile ?

Le vaccin contre la COVID‑19 peut-il rendre un homme infertile, modifier ses spermatozoïdes ou imposer d’attendre avant un projet d’enfant ? Cet article prend ces inquiétudes au sérieux, examine les études et explique ce qui compte vraiment dans vos analyses et pour un don de sperme.

Téléphone affichant un certificat numérique de vaccination contre la COVID‑19, à côté d’une seringue et de flacons

La réponse courte et honnête

La crainte qu’un vaccin contre la COVID‑19 puisse stériliser les hommes reste tenace. Les recherches publiées à ce jour n’apportent aucune preuve solide en ce sens. Les études comparant les mêmes hommes avant et après la vaccination ne montrent pas de dégradation durable des paramètres habituels du sperme. Chez les couples ayant un projet d’enfant, la vaccination n’a pas non plus été associée à une moindre probabilité de grossesse.

Cela ne garantit pas qu’aucune valeur ne changera jamais chez une personne. Les résultats d’un spermogramme fluctuent naturellement et la fièvre peut perturber temporairement la production des spermatozoïdes. Il faut donc distinguer trois situations : la vaccination, une réaction vaccinale accompagnée de fièvre et une infection par le SARS‑CoV‑2. Elles ne sont identiques ni biologiquement ni dans les données.

  • Le statut vaccinal n’est pas un label de qualitĂ© du sperme.
  • Un spermogramme anormal après une vaccination ne prouve pas Ă  lui seul un lien de cause Ă  effet.
  • Une fièvre ou une infection aiguĂ« doit ĂŞtre replacĂ©e dans le temps lors de l’interprĂ©tation.
  • Pour le sperme de donneur, les valeurs de laboratoire, le dĂ©pistage des infections, la documentation et la traçabilitĂ© comptent davantage que l’étiquette vaccinĂ© ou non vaccinĂ©.

Cet article répond à la question de la fertilité. Il ne décide pas si une nouvelle vaccination contre la COVID‑19 est indiquée pour vous. Cela dépend notamment de l’âge, des maladies préexistantes et des recommandations en vigueur. Les informations de l’Institut Robert Koch et un avis médical personnalisé sont plus adaptés à cette décision.

Pourquoi la peur de l’infertilité convainc si facilement

La fertilité ne se ressent pas directement. Plusieurs mois peuvent séparer une cause supposée d’une grossesse qui ne vient pas. En parallèle, les valeurs du sperme varient même chez les hommes en bonne santé. Le terrain est donc propice aux explications simples : un mauvais résultat après une vaccination peut sembler être une preuve, alors qu’une succession dans le temps ne démontre pas une causalité.

Pendant la pandémie, plusieurs peurs se sont rejointes. Selon l’une d’elles, les anticorps dirigés contre la protéine Spike attaqueraient aussi la syncytine‑1, importante pour le placenta, en raison d’une ressemblance supposée. Une autre affirmait que l’ARNm vaccinal pourrait modifier l’ADN des cellules germinales. Ni les mécanismes biologiques connus ni les données observées sur la fertilité ne soutiennent ces idées. Le RKI analyse en détail le mythe lié au projet d’enfant ; la présentation des CDC sur le fonctionnement des vaccins explique clairement pourquoi l’ARNm vaccinal n’entre pas dans le noyau cellulaire.

Les personnes inquiètes ne sont pas nécessairement hostiles à la science. Elles cherchent souvent une réponse compréhensible à une question très intime. Une bonne réponse peut prendre leur peur au sérieux tout en distinguant une hypothèse, un cas individuel et un signal fiable.

Et les autres vaccins ?

Les études détaillées sur le sperme présentées ici concernent les vaccins contre la COVID‑19. On ne peut pas transposer leurs résultats à tous les autres vaccins : un vaccin contre la rougeole, la grippe, le papillomavirus ou le tétanos n’est pas le même produit sous un autre nom. Les données, le type de vaccin et les recommandations doivent être examinés pour chaque vaccin précis.

Il n’existe toutefois aucune base solide à l’affirmation générale selon laquelle les vaccins rendraient infertile. Le RKI renvoie à des études portant sur différents vaccins et ne constate pas d’effet sur la fertilité. Les recommandations autour d’une grossesse peuvent néanmoins différer selon le vaccin. Il s’agit alors du bon moment et de la protection contre une maladie précise, pas automatiquement de spermatozoïdes endommagés.

Si un vaccin précis vous inquiète pendant un parcours en clinique de fertilité, indiquez à l’équipe son nom exact, sa date et les éventuelles réactions, comme une forte fièvre. Ces renseignements sont plus utiles qu’une question générale sur l’effet bénéfique ou nocif des vaccins sur le sperme.

La qualité du sperme n’est pas la fertilité

La plupart des études vaccinales ne mesurent pas directement la capacité d’un homme à concevoir plus tard. Elles comparent surtout les valeurs d’un spermogramme :

  • Volume : quantitĂ© d’éjaculat ;
  • Concentration : nombre de spermatozoĂŻdes par millilitre ;
  • Nombre total : nombre de spermatozoĂŻdes dans tout l’éjaculat ;
  • MobilitĂ© : proportion de spermatozoĂŻdes mobiles et progressifs ;
  • Morphologie : proportion rĂ©pondant aux critères de forme Ă©tudiĂ©s ;
  • Marqueurs supplĂ©mentaires : selon la question, par exemple la fragmentation de l’ADN.

Ces valeurs sont importantes, mais aucune ne trace à elle seule une frontière nette entre fertile et infertile. Les recommandations européennes d’urologie les décrivent comme des mesures indirectes et recommandent d’évaluer ensemble le potentiel reproductif des deux personnes. Une grossesse naturelle peut survenir malgré une valeur isolée anormale ; inversement, un spermogramme normal ne la garantit pas.

L’échantillon a lui aussi une histoire. La durée d’abstinence, un recueil incomplet, le transport, les médicaments, une infection, la fièvre et les variations biologiques naturelles peuvent modifier le résultat. Un seul compte rendu est donc un point de mesure, pas un jugement sur votre masculinité ni un certificat définitif de fertilité.

Ce que montre désormais la recherche

La conclusion rassurante ne repose pas sur une seule étude. Plusieurs équipes ont comparé le sperme des mêmes hommes avant et après la vaccination. Dans une première étude auprès de 45 hommes, puis une autre auprès de 101, la concentration, la mobilité et le nombre total n’ont pas diminué de façon notable (Gonzalez et al., 2021 ; Massarotti et al., 2022).

Une étude portant sur 2 126 couples se rapproche davantage encore de la véritable question du projet d’enfant. Elle a étudié non seulement les valeurs de laboratoire, mais aussi la probabilité de grossesse à chaque cycle. La vaccination de l’un ou l’autre partenaire n’était pas associée à une moindre probabilité de conception (Wesselink et al., 2022).

Les revues systématiques rassemblent ces résultats et ne trouvent aucun effet défavorable sur les paramètres étudiés (Huang et al., 2023). Beaucoup d’études individuelles restent néanmoins petites et hétérogènes. Une autre revue qualifie donc de faible la qualité des preuves (revue sur la qualité des preuves). Cela ne rend pas les résultats inutiles, mais exclut les promesses absolues.

L’étude qui a trouvé un résultat différent doit aussi être présentée

Une petite étude rétrospective menée auprès de 37 donneurs de sperme a signalé une concentration et un nombre total de spermatozoïdes mobiles plus faibles entre 75 et 125 jours après la deuxième dose de BNT162b2. Plus de 145 jours après la vaccination, les valeurs avaient récupéré ; le volume et la mobilité n’étaient pas altérés (Gat et al., 2022).

Cette observation ne doit être ni cachée ni transformée en annonce de stérilité. Le groupe était petit, aucun groupe témoin non vacciné n’était suivi en parallèle et le signal était temporaire. Elle ne soutient donc pas l’idée d’une infertilité permanente. Elle rappelle en revanche pourquoi une science honnête n’a pas besoin de promettre un risque absolument nul : une bonne analyse montre aussi les données qui s’écartent de la tendance principale.

Ce que nous savons et ce qui reste incertain

Les vaccins à ARNm utilisés pendant les premières années de la pandémie sont les mieux étudiés. Il existe aussi des données sur les vaccins à vecteur viral et les vaccins inactivés, mais pas autant pour chaque plateforme, rappel, combinaison ou maladie préexistante rare. De nombreuses études n’ont suivi des hommes en bonne santé que pendant quelques mois. Les petites études avant-après ne peuvent, par nature, détecter les événements très rares.

Malgré ces limites, l’ensemble des données est plus parlant qu’une collection d’anecdotes : aucun signal cohérent n’indique une dégradation durable des paramètres usuels, de la probabilité de conception naturelle ou des résultats de la reproduction assistée. La formulation précise n’est donc pas que tout effet est exclu pour toujours. Elle est que la recherche disponible ne montre pas la stérilisation alléguée.

Vaccination, infection et fièvre en comparaison

Après une vaccination
La plupart des données avant-après ne montrent pas de dégradation durable et cliniquement pertinente. Si la réaction vaccinale provoque une forte fièvre, celle-ci peut jouer temporairement un rôle, quelle qu’en soit la cause.
Après une infection par le SARS‑CoV‑2
L’infection peut causer de la fièvre et une inflammation générale plus forte. Dans l’étude de Wesselink et de ses collègues, une infection du partenaire masculin pendant les 60 jours précédents était associée à une baisse temporaire de la probabilité de conception ; ce signal disparaissait ensuite.
Après une fièvre d’une autre origine
Ce lien est antérieur à la COVID‑19. Dans une étude reposant sur des prélèvements mensuels chez 27 hommes en bonne santé, la concentration, la mobilité et la morphologie étaient temporairement moins favorables après des épisodes fébriles. L’intensité et l’évolution variaient fortement d’une personne à l’autre (Carlsen et al., 2003).

Cela explique aussi l’importance du moment. La production et la maturation des spermatozoïdes prennent plusieurs semaines. Une infection peut donc rester visible dans un spermogramme alors que vous vous sentez rétabli depuis longtemps. Cela n’impose pas automatiquement trois mois d’arrêt des rapports sexuels, du don ou du traitement. Il faut simplement signaler toute fièvre récente lors de l’interprétation.

Quelles conséquences pour la FIV, l’ICSI et l’IUI ?

En plein parcours de reproduction assistée, savoir que le spermogramme moyen reste normal ne suffit pas. Il faut vérifier si la fécondation, le développement embryonnaire et les chances de grossesse diminuent. Une revue systématique des études sur la reproduction assistée n’a généralement trouvé aucune différence statistiquement significative concernant la réponse à la stimulation, la qualité embryonnaire, l’implantation ou l’issue de la grossesse (revue sur la vaccination contre la COVID‑19 et la reproduction assistée).

Une étude a comparé 271 partenaires masculins vaccinés et 271 non-vaccinés comparables après le vaccin inactivé CoronaVac. Les taux de fécondation, le développement embryonnaire, l’implantation et les grossesses cliniques ne différaient pas significativement. Certains paramètres fluctuaient, mais le nombre total de spermatozoïdes mobiles restait comparable et toutes les valeurs demeuraient au-dessus des limites de référence inférieures (Wang et al., 2022).

Ces données ne justifient pas de reporter systématiquement un traitement à cause d’une vaccination passée. En cas de forte fièvre après une vaccination ou une infection, ou de spermogramme déjà très altéré, l’équipe peut décider d’un prélèvement plus précoce, d’un contrôle ultérieur ou, dans une situation particulière, d’une cryoconservation. L’âge et les contraintes de temps des deux personnes doivent entrer dans cette décision.

Le statut vaccinal du donneur a-t-il de l’importance ?

Le besoin de contrôle est particulièrement compréhensible avec un don de sperme : la décision concerne non seulement un échantillon, mais la possible conception d’un enfant. Le statut vaccinal semble offrir une règle simple. Pourtant, il ne répond médicalement à aucune des questions qui déterminent la qualité et la sécurité de l’échantillon.

  • Comment la concentration, le nombre total et la mobilitĂ© ont-ils Ă©tĂ© mesurĂ©s ?
  • Quand l’échantillon a-t-il Ă©tĂ© produit par rapport Ă  une fièvre, une infection ou un mĂ©dicament ?
  • Quel dĂ©pistage des infections a Ă©tĂ© effectuĂ© et Ă  quelle date ?
  • Les antĂ©cĂ©dents mĂ©dicaux personnels et familiaux sont-ils vĂ©rifiables ?
  • L’identitĂ©, le consentement, la documentation et la traçabilitĂ© sont-ils Ă©tablis ?

Un donneur non vacciné peut avoir des valeurs excellentes, moyennes ou mauvaises, tout comme un donneur vacciné. Vous pouvez demander son statut et fixer vos limites personnelles. Le problème commence lorsque l’absence de vaccination est vendue comme un label médical ou justifie un prix fantaisiste. Une étiquette ne remplace pas un examen.

Les mythes et questions les plus fréquents

Beaucoup de ces affirmations apparaissent dans les moteurs de recherche parce qu’elles préoccupent réellement. Elles méritent des réponses claires, mais pas un sous-titre par phrase.

La vaccination contre la COVID‑19 rend-elle les hommes infertiles ?
Les études de cohorte et les revues disponibles ne montrent ni dégradation durable des paramètres usuels ni moindre probabilité de conception liée au vaccin. C’est la réponse la plus directe à la peur de la stérilité.
L’ARNm vaccinal peut-il modifier l’ADN des spermatozoïdes ?
L’ARNm transmet brièvement une instruction dans le cytoplasme puis se dégrade. Il n’entre pas dans le noyau, où se trouve l’ADN ; les données ne montrent aucune intégration dans l’ADN des spermatozoïdes.
Les anticorps attaquent-ils la syncytine‑1 ?
Aucune preuve solide n’étaye cette réaction croisée supposée. L’affirmation ne correspond pas non plus aux grossesses et aux données de fertilité observées après la vaccination.
Le vaccin peut-il se transmettre par le sperme ou les rapports sexuels ?
Non. Une vaccination ne se transmet ni par les rapports sexuels ni par contact avec l’éjaculat. Des anticorps peuvent être mesurés dans des fluides après une réponse immunitaire ; il ne s’agit ni d’une excrétion du vaccin ni d’une vaccination indirecte. Une étude auprès de 86 hommes n’a trouvé aucun lien entre les anticorps du plasma séminal et de moins bons paramètres (Chillon et al., 2023).
Le sperme non vacciné est-il plus sain ou plus précieux ?
Non, pas en raison de ce seul critère. La santé et l’aptitude d’un échantillon reposent sur des mesures, le dépistage, son origine et le contexte. Un marketing de la rareté n’y change rien.
Faut-il congeler son sperme par précaution avant la vaccination ?
Chez un homme en bonne santé, la vaccination seule ne crée aucun besoin général. La cryoconservation avant certains traitements menaçant la fertilité, comme certaines chimiothérapies ou radiothérapies, est importante mais constitue un autre sujet.
Faut-il suspendre le projet d’enfant pendant trois mois après le vaccin ?
Les données ne justifient aucun délai général lié à la seule vaccination. Après une forte fièvre, un spermogramme plus tardif peut être plus stable ; si le temps presse, un examen précoce suivi d’un contrôle peut être préférable à une attente aveugle.
Un rappel est-il plus nocif que les premières doses ?
Aucun signal cohérent n’indique une dégradation durable après une dose supplémentaire. La quantité de données varie selon le vaccin, la dose et l’intervalle ; une simple succession temporelle ne doit donc pas devenir une règle générale.
La vaccination peut-elle affecter la libido, l’érection ou la testostérone ?
Un malaise passager peut réduire temporairement le désir et l’activité sexuelle. Aucun signal vaccinal durable n’est établi. Une étude transversale n’a pas observé de risque accru de dysfonction érectile chez des hommes vaccinés de 45 ans ou plus, mais son protocole ne permet pas d’exclure avec certitude des effets rares ou tardifs (Diaz et al., 2022).

Bien préparer un spermogramme

Pour connaître votre propre qualité spermatique, un spermogramme standardisé est plus informatif que des conclusions tirées du dossier de vaccination. Le manuel de laboratoire de l’OMS décrit des procédures uniformes de recueil et d’analyse : deux à sept jours d’abstinence éjaculatoire, un échantillon recueilli aussi complètement que possible et un transport rapide et contrôlé vers le laboratoire.

  • Notez avec leur date toute fièvre, infection aiguĂ« et prise de mĂ©dicament pertinente.
  • PrĂ©venez le laboratoire si une partie de l’échantillon a Ă©tĂ© perdue.
  • Comparez si possible les contrĂ´les rĂ©alisĂ©s dans des conditions similaires.
  • Faites confirmer un rĂ©sultat anormal au lieu de l’expliquer Ă  partir d’une seule valeur.
  • Parlez des Ă©carts importants, d’une azoospermie ou de symptĂ´mes Ă  un andrologue ou un urologue.

Pour en savoir plus sur la préparation, les valeurs et les limites de l’examen, consultez l’article RattleStork Comprendre son spermogramme.

Que faire si les résultats sont mauvais après un vaccin ou une infection ?

D’abord, ne transformez pas une feuille de résultats en diagnostic pour la vie. Vérifiez avec le laboratoire ou le médecin si le prélèvement était complet, combien de temps a duré l’abstinence et si une fièvre, la COVID‑19, une autre infection, un nouveau médicament ou une contrainte inhabituelle sont survenus les semaines précédentes. Un second spermogramme dans des conditions comparables montrera si le résultat persiste.

Un nombre très faible ou une absence de spermatozoïdes, une douleur, un gonflement ou une masse palpable ne doivent pas attendre des mois. Il en va de même si un traitement est en cours ou si un facteur concernant l’autre partenaire impose d’agir vite. L’objectif n’est pas de gagner un débat politique, mais de prendre la meilleure décision suivante pour ce projet d’enfant précis.

Les compléments alimentaires ne constituent pas non plus une réponse rapide à un résultat inexpliqué. Le sommeil, le tabac, l’alcool, la forte chaleur, les anabolisants, le surpoids, les maladies et les médicaments peuvent compter, mais chaque conseil général ne convient pas à chaque cause. D’abord le diagnostic, puis un changement ciblé.

Anecdote : « Unvaxxed sperm is the next Bitcoin »

L’épisode le plus insolite du débat est peut-être le slogan de cette pancarte. Elle a été photographiée le 20 novembre 2021 lors d’une manifestation contre l’obligation vaccinale à Vienne. Des projets de memecoins ont ensuite repris l’idée et commercialisé des jetons appelés notamment Unvaxxed Seamen ou Unvaxxed Sperm.

La plaisanterie traite le sperme non vacciné comme un actif spéculatif appelé à devenir rare. Sur le plan médical, cette logique du Bitcoin ne tient pas : un statut vaccinal ne rend pas automatiquement un échantillon rare ou meilleur. Comme témoin de son époque, ce mème montre toutefois comment une véritable peur sanitaire peut rapidement devenir symbole de protestation, piège à clics et modèle économique.

Deux personnes manifestant à Vienne tiennent une pancarte portant l’inscription Unvaxxed sperm is the next Bitcoin
Pancarte photographiée à Vienne le 20 novembre 2021. Photo : Ivan Radic, CC BY 2.0.

Source de l’image : Wikimedia Commons. Une publication promotionnelle du projet de jeton à l’époque le disait inspiré du mème ; cela prouve son exploitation commerciale, pas un intérêt médical ni un sérieux financier.

Quand demander un avis médical

Un bilan urologique ou andrologique est utile, quel que soit le statut vaccinal, si :

  • aucune grossesse ne survient après douze mois de rapports sexuels rĂ©guliers sans contraception ;
  • des risques pour la fertilitĂ© sont connus ou un traitement est prĂ©vu ;
  • plusieurs spermogrammes sont anormaux ;
  • une douleur, un gonflement, une masse, de la fièvre ou d’autres symptĂ´mes testiculaires apparaissent ;
  • un traitement susceptible de menacer la fertilitĂ© doit commencer.

Dans le cadre d’un don de sperme, cet article ne remplace ni le dépistage médical ni le conseil adapté au mode de don choisi.

Conclusion

La peur d’une stérilité causée par la vaccination contre la COVID‑19 est compréhensible, mais la recherche disponible ne la confirme pas. Les études ne montrent ni dégradation durable des paramètres habituels, ni baisse de la probabilité de conception, ni résultats systématiquement moins bons en reproduction assistée. Le petit signal temporaire d’une étude sur des donneurs doit être mentionné, mais ne prouve pas une infertilité permanente.

Pour obtenir de la sécurité dans un projet d’enfant ou un don, mieux vaut ne pas s’accrocher à une étiquette vaccinale. Des valeurs de laboratoire standardisées, le délai depuis une fièvre ou une infection, un dépistage adapté, une documentation traçable et une présentation honnête des limites de chaque examen sont bien plus utiles.

Des articles pour comprendre les examens, les bases et les termes essentiels liés à la fertilité et au spermogramme.

Questions fréquentes sur la vaccination contre la COVID‑19 et la fertilité masculine

La vaccination contre la COVID‑19 peut-elle rendre les hommes infertiles ?La recherche disponible n’apporte aucun indice solide d’une infertilité masculine durable causée par le vaccin. Les études ne montrent ni dégradation persistante des paramètres habituels ni moindre probabilité de conception liée à la vaccination.
Cela vaut-il aussi pour les autres vaccins ?Les études précises sur le sperme présentées ici portent sur les vaccins contre la COVID‑19 et ne peuvent être transposées à tous les autres produits. Il n’existe toutefois aucune base solide à l’affirmation générale que les vaccins rendent infertile. Les données et recommandations propres au vaccin concerné comptent.
La vaccination peut-elle modifier temporairement la qualité du sperme ?Des fluctuations naturelles et des changements brefs chez certaines personnes sont possibles. Une petite étude auprès de 37 donneurs a observé un signal temporaire suivi d’une récupération ; globalement, les autres données ne montrent pas de dégradation durable et cliniquement pertinente.
Un vaccin à ARNm modifie-t-il l’ADN des spermatozoïdes ?Rien ne le démontre. L’ARNm vaccinal n’entre pas dans le noyau cellulaire où se trouve l’ADN, puis il se dégrade.
Les anticorps post-vaccinaux attaquent-ils la syncytine‑1 ?Aucune preuve solide n’étaye la réaction croisée nocive supposée avec la syncytine‑1. Elle ne correspond pas non plus aux données de fertilité et de grossesse observées après la vaccination.
Le vaccin peut-il se transmettre par le sperme ou les rapports sexuels ?Non. Une vaccination ne se transmet ni par les rapports sexuels ni par contact avec l’éjaculat. Des anticorps mesurables dans des fluides après la réponse immunitaire ne sont ni une excrétion du vaccin ni une vaccination indirecte.
Le sperme non vacciné est-il meilleur que le sperme vacciné ?Non. Le statut vaccinal n’est pas un critère médical de qualité. Un spermogramme standardisé, un dépistage sanitaire et infectieux adapté et des renseignements traçables sur l’échantillon sont plus parlants.
Combien de temps faut-il attendre après la vaccination avant un projet d’enfant ?Il n’existe aucun délai général lié à la seule vaccination. En cas de forte fièvre, il peut être utile de choisir la date du spermogramme avec le laboratoire ou l’équipe soignante.
Quand réaliser un spermogramme après la COVID‑19 ou une fièvre ?Un examen rapide peut être utile, surtout si un traitement ne peut attendre. Comme la fièvre peut modifier les valeurs plusieurs semaines plus tard, il faut la signaler lors de l’interprétation et contrôler un résultat anormal dans des conditions comparables.
Faut-il congeler son sperme avant la vaccination contre la COVID‑19 ?Chez un homme en bonne santé, la vaccination seule ne justifie pas une cryoconservation systématique. La congélation avant certains traitements menaçant la fertilité, comme certaines chimiothérapies ou radiothérapies, est un sujet important mais distinct.
La vaccination affecte-t-elle la FIV, l’ICSI ou l’IUI ?La recherche ne montre pas de résultats systématiquement moins bons en reproduction assistée après la vaccination. Le pronostic dépend davantage de l’âge, du diagnostic, des valeurs et de la technique choisie. En savoir plus sur la FIV, l’ICSI et l’IUI.
La vaccination peut-elle causer des troubles de l’érection ou une baisse de libido ?Le malaise et la fièvre peuvent réduire temporairement le désir. Aucun risque durablement accru de dysfonction érectile dû au vaccin n’est établi ; des symptômes doivent être évalués médicalement quelle que soit la cause supposée.
Les rappels sont-ils plus nocifs pour les spermatozoïdes que les premières doses ?Aucun signal cohérent n’indique une dégradation durable après une dose supplémentaire. La quantité de données varie néanmoins selon le vaccin, la dose et la durée d’observation.
Un mauvais spermogramme après la vaccination prouve-t-il un dommage vaccinal ?Non. Une succession dans le temps ne prouve pas la causalité. Fièvre, autres infections, durée d’abstinence, perte d’une partie de l’échantillon, médicaments, maladies préexistantes et fluctuations naturelles doivent être examinés ; une mesure de contrôle est souvent utile.
Que signifie Unvaxxed sperm is the next Bitcoin ?La phrase est devenue un mème de protestation en 2021, puis un argument commercial pour des projets de memecoins. Elle présente le sperme non vacciné comme un actif spéculatif rare, sans aucune base médicale.

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