Qu'est-ce qu'une diastasis des grands droits
La diastasis des grands droits signifie que les deux muscles droits de l'abdomen se sont éloignés pendant la grossesse parce que la linea alba, c'est‑à‑dire le tissu conjonctif central, s'est étirée et a perdu de sa tension. C'est fréquent pendant la grossesse et constitue d'abord une adaptation normale.
Après l'accouchement, ce tissu peut retrouver sa tonicité, mais cela ne se produit pas toujours complètement ni au même rythme pour tout le monde. Ce qui compte souvent moins est la seule distance entre les muscles que la capacité du tissu à transmettre la tension et la façon dont votre ventre réagit lors d'efforts.
Pourquoi le ventre se gonfle
Beaucoup de personnes remarquent une saillie centrale ou une crête, surtout en se relevant, en toussant ou en relevant la tête. Cela survient lorsque la pression abdominale se déplace vers l'avant parce que la zone centrale n'assure pas encore assez de tension.
Situations typiques où cela se remarque
- Se redresser en partant du lit
- Tousser, éternuer, rire
- Porter et soulever, surtout en état de fatigue
- Faire des exercices comme des sit‑ups, des planches ou un entraînement abdominal intense trop tôt
Cela ne prouve pas que votre corps soit irréversiblement endommagé. C'est un signal indiquant que charge, technique et maîtrise de la respiration ne fonctionnent pas encore bien ensemble.
À quel point c'est fréquent et quand ça devient un sujet
La diastasis des grands droits est très fréquente pendant et après la grossesse. Beaucoup de personnes en présentent sans que cela n'entraîne jamais de symptômes. Pour d'autres, elle est associée à une sensation d'instabilité, des douleurs dorsales ou des problèmes de plancher pelvien.
Il est donc important de situer le problème : toutes les diastasis ne nécessitent pas une fermeture complète. Beaucoup d'objectifs sont fonctionnels : meilleure tension, moins de saillie lors d'efforts, moins de symptômes, plus de contrôle dans la vie quotidienne et lors du sport.
Auto‑contrôle : ce que vous pouvez observer sans vous inquiéter
Vous n'avez pas besoin de mesurer comme à l'examen. Pour le quotidien, il suffit souvent de se demander si votre ventre se sent contrôlé lors d'efforts ou s'il bascule nettement vers l'avant.
Observations pratiques
- Le ventre forme‑t‑il une saillie centrale lors de petits mouvements
- Avez‑vous l'impression que le centre n'offre pas de maintien
- Est‑ce que ça s'améliore quand vous respirez plus lentement et vous redressez consciemment
- Avez‑vous en plus une sensation de pression vers le bas ou de l'incontinence
Si vous avez des symptômes importants ou des doutes, une évaluation par une physiothérapeute spécialisée est utile, car elle permettra d'évaluer ensemble tissu, respiration, posture et charge.
Ce dont vous avez besoin en premier : respiration, gestion de la pression et tension de base
Beaucoup font l'erreur de s'entraîner trop fort trop tôt. Le « core » ce n'est pas que les abdominaux. C'est un système composé de la respiration, du diaphragme, de la paroi abdominale, du dos et du plancher pelvien. Après la grossesse, ce système est souvent désynchronisé.
Un démarrage judicieux paraît souvent ennuyeux
- Respiration calme, sans que le ventre se contente de pousser vers l'avant
- Activation douce des muscles profonds de l'abdomen, sans appui excessif
- Techniques du quotidien pour réduire la saillie, par exemple lors du redressement
De nombreux guides et textes spécialisés insistent aujourd'hui sur une approche fonctionnelle : il s'agit de contrôle et de régulation de la pression, pas d'une seule valeur chiffrée. Un repère clair sur la paroi abdominale postnatale et la diastasis se trouve chez Pelvic Obstetric and Gynaecological Physiotherapy. POGP : diastasis postnatale des grands droits
Exercices : ce qui aide souvent et ce qui est fréquemment trop tôt
Il n'existe pas d'exercice magique unique. L'important est que vous puissiez maintenir la tension pendant l'exercice sans pousser le ventre vers l'avant ni retenir votre souffle.
Souvent utile
- Exercices en décubitus dorsal avec expiration calme et activation douce
- Mouvements contrôlés des jambes tant que la paroi abdominale reste stable
- Progression en position à quatre pattes ou debout avec attention à la posture et à la respiration
Souvent trop tôt
- Beaucoup de sit‑ups et crunchs si une crête se forme
- Planches longues si vous retenez la respiration ou si le ventre bombe
- Soulevés lourds et entraînement intensif sans bonne gestion de la pression
Si vous êtes incertaine, une progression guidée par une physiothérapeute est souvent plus rapide que des mois d'essais‑erreurs.
Physiothérapie : quand c'est particulièrement utile
La physiothérapie n'est pas réservée aux cas graves. Elle est pertinente si vous ne savez pas comment commencer, ou si malgré l'entraînement vous n'obtenez pas de meilleure maîtrise.
Bonnes raisons pour un bilan spécialisé
- Saillie marquée ou crête lors de nombreux mouvements quotidiens
- Douleurs, mal de dos ou sensation d'instabilité
- En plus, incontinence ou sensation de pression vers le bas
- Incertitude pour la reprise du sport
- Suspicion de hernie, par exemple une saillie locale et pointue
Une synthèse basée sur les preuves pour l'évaluation et la prise en charge est discutée dans des revues médicales, par exemple via PubMed, les détails variant selon les études. PubMed : prise en charge de la diastasis des grands droits en période postnatale
Diastasis et plancher pelvien : pourquoi c'est lié
La paroi abdominale et le plancher pelvien fonctionnent ensemble comme un système de pression. Si, lors d'efforts, vous perdez beaucoup de pression vers le bas ou vers l'avant, cela peut augmenter des symptômes comme la sensation de pesanteur ou des pertes urinaires. À l'inverse, un plancher pelvien trop tendu peut aussi modifier le fonctionnement de la paroi abdominale.
Cela ne veut pas dire que chaque diastasis entraîne automatiquement un problème de plancher pelvien. Cela explique simplement pourquoi il est souvent pertinent de penser au « core » et au plancher pelvien ensemble.
Chronologie et gestion des attentes : ce qui est réaliste
Dans les premières semaines après l'accouchement, beaucoup de choses évoluent avec l'involution utérine, la diminution des œdèmes et la cicatrisation des tissus. L'entraînement doit d'abord être une reprise douce plutôt qu'une transformation immédiate.
Nombreux·ses voient des améliorations sur plusieurs mois s'ils progressent régulièrement et de façon appropriée. Parfois, un léger écart persiste. Ce n'est pas automatiquement un échec si la fonction, la stabilité et les symptômes sont satisfaisants.
Quand consulter rapidement
Consultez si vous n'êtes pas sûre qu'il s'agisse d'une simple diastasis ou si quelque chose d'autre pourrait être en cause. C'est particulièrement vrai en cas de saillie locale et pointue ou de douleurs intenses.
- saillie locale, ferme ou douloureuse donnant l'impression d'un point
- douleurs intenses ou aggravation marquée
- symptômes associés comme incontinence importante ou suspicion de prolapsus
- pas d'amélioration sur une période prolongée malgré une gestion adaptée de la charge
Pour un aperçu général des signes d'alerte postnatals nécessitant une évaluation médicale, ACOG reste une référence utile. ACOG : signes d'alerte de problèmes de santé postnatals
Conclusion
La diastasis des grands droits est fréquente après la grossesse et constitue d'abord une adaptation normale. L'important n'est pas uniquement la distance entre les muscles, mais la capacité de votre paroi abdominale à tenir la tension et à gérer la pression. Un démarrage judicieux mise sur la respiration, le contrôle et une progression calme. Si vous avez des symptômes, une saillie marquée ou des difficultés lors du sport, la physiothérapie spécialisée est souvent la voie la plus rapide vers la sécurité et le progrès.

